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Face aux menaces douanières, Macron annonce qu’il va discuter avec Trump


AFP le 22/02/2025 à 13:30

« Entre alliés, on ne peut pas faire souffrir l'autre avec des tarifs » douaniers, a déclaré Emmanuel Macron samedi au premier jour de l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris alors que Donald Trump menace d'imposer des droits de douane sur de multiples produits européens.

« Je vais (lui) en parler parce qu’on a besoin d’apaiser tout ça », a relevé le président français qui doit rencontrer son homologue américain lundi à Washington.

« La filière agricole et agroalimentaire (française), c’est une grande filière d’exportation, donc il faut la défendre pour la rendre encore plus compétitive », a-t-il ajouté.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a annoncé la mise en place de droits de douane réciproques, c’est-à-dire que les États-Unis appliqueront le même niveau de droits de douane sur les produits en provenance d’un pays que le niveau appliqué dans ce pays aux produits américains.

Il a également annoncé le retour de droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Et, s’il a déjà visé le Canada, le Mexique et la Chine, il a régulièrement assuré que les pays européens étaient également menacés.

En France, les viticulteurs sont particulièrement inquiets d’un retour des droits de douane américains sur le cognac et le vin, qu’ils exportent en masse vers les États-Unis, d’autant que le cognac souffre déjà d’un différend commercial entre l’UE et la Chine, son premier marché en valeur.

« Je suis déterminé sur tous les sujets pour avoir un échange » avec Donald Trump, a encore dit Emmanuel Macron. « On partagera nos accords, nos désaccords et j’espère surtout qu’on trouvera des solutions sur la question de l’Ukraine ».

« Je vais essayer de le convaincre d’aller dans une bonne direction et, sinon, nous prendrons des dispositions », a ajouté un peu plus tard le chef de l’État, rappelant que les Etats-Unis sont « un allié historique » et soulignant qu’il faut qu’ « on agisse tous pour contenir » la Russie.

Washington a proposé un projet de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU qui demande « une fin rapide du conflit et appelle à une paix durable entre l’Ukraine et la Russie », une formulation vague loin des précédents textes clairement en soutien à Kiev et qui ne mentionne pas le respect de l’intégrité territoriale du pays.

Le président américain est aussi reparti à la charge vendredi contre son homologue ukrainien. Tout en estimant que Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine allaient « devoir se parler », pour « mettre fin au massacre de millions de personnes », il a jugé que la présence de l’Ukrainien n’était « pas importante » dans des négociations avec la Russie.

Il a ciblé par ailleurs Emmanuel Macron, et Keir Starmer, qui n’ont selon lui « rien fait » pour mettre un terme à la guerre. Le Premier ministre britannique est attendu jeudi à Washington.