Les ventes de Danone tirées par la hausse des volumes en 2024
AFP le 26/02/2025 à 10:30
Pour la première fois en 10 ans, le géant agroalimentaire français Danone a vu ses ventes annuelles portées par une augmentation des volumes de produits vendus et non seulement par les prix, fruit d'une stratégie de recentrage de ses activités autour de la santé.
Les ventes de la maison mère des yaourts Activia ou Alpro, des eaux Evian et des petits pots Blédina ont atteint 27,37 milliards d’euros en 2024, selon un communiqué publié mercredi, soit légèrement plus que ce qu’attendaient les analystes sondés par Factset et Bloomberg.
Ce chiffre est en baisse de 0,9 % en raison des conséquences de la finalisation de sa sortie de Russie, de la cession d’activités de produits laitiers bio aux Etats-Unis et des taux de change.
Mais sans ces éléments, le chiffre d’affaires est en hausse de 4,3 % grâce à l’augmentation des volumes (+ 3 %) et, dans une moindre mesure, à l’augmentation des prix (+ 1,3 %). Il augmente dans toutes les régions et sur les trois catégories du groupe (produits laitiers ou à base de boisson végétale, eaux et nutrition spécialisée).
La dernière année où Danone avait connu une croissance des volumes remonte à 2014. Depuis, le groupe vendait moins de produits mais les vendait plus chers.
Consommateur « prudent »
Même si l’inflation a ralenti en 2024, l’augmentation des prix ces dernières années a rendu le consommateur plus « prudent », reconnaît auprès de l’AFP le directeur financier, Juergen Esser. Mais Danone se différencie selon lui du reste du secteur agroalimentaire grâce à des produits de « consommation quotidienne axés sur la santé ».
Il cite notamment les ventes de produits riches en protéines, comme ceux de la marque Alpro, et de produits de nutrition médicale qui ont observé une croissance « à deux chiffres » sur le quatrième trimestre 2024.
Ces dernières années, le groupe s’est délesté d’activités qui représentaient environ 10 % de son chiffre d’affaires pour se recentrer sur les produits les plus rentables, fléchant ses derniers investissements vers la nutrition médicale mais aussi dans le marketing et la communication.
Stratégie payante : en 2024, Danone a vu son résultat opérationnel courant, indicateur de rentabilité scruté par les investisseurs, augmenter de 2,2 % à 3,55 milliards d’euros.
Son bénéfice net a mécaniquement plus que doublé, passant de 881 millions à 2,02 milliards d’euros en 2024, puisqu’il avait été amputé l’an dernier de 1,4 milliard d’euros en raison de dépréciations liées à sa sortie de Russie (700 millions d’euros) et à des cessions aux Etats-Unis. Il est toutefois légèrement inférieur à ce qu’attendaient les analystes.
« Crédibilité » pour des acquisitions
L’alimentation est à un « tournant décisif et nous disposons de tous les atouts pour saisir les opportunités », affirme le directeur général Antoine de Saint-Affrique, cité dans le communiqué, se félicitant du maintien d’une « discipline financière rigoureuse ».
Son prédécesseur Emmanuel Faber avait été évincé à la suite d’une fronde d’actionnaires réclamant davantage de résultats et une meilleure rétribution du capital.
Antoine de Saint-Affrique est arrivé en septembre 2021 à la tête du groupe, qui proposera à sa prochaine assemblée générale en avril le renouvellement de son mandat d’administrateur, ainsi que la distribution d’un dividende de 2,15 euros par action, en hausse de 2,4 %.
« Nous clôturons le premier chapitre de Renew Danone avec des résultats très solides », se réjouit le directeur général, faisant référence à son plan stratégique 2022-2024.
« On a vraiment stabilisé l’entreprise ces dernières trois années », ajoute Juergen Esser. Il estime que Danone est idéalement positionné pour continuer à investir, notamment dans la recherche, mais aussi pour des acquisitions afin d’ouvrir « un nouveau chapitre ».
« On a la crédibilité nécessaire », en termes de performance, de liquidités et d’endettement, toujours en privilégiant les produits « axés sur la santé », explique-t-il.