Accéder au contenu principal

Gaec de la Borie Haute (12) : s’adapter au changement climatique encore et toujours


TNC le 03/04/2025 à 10:45
paturage

(© Gaec de la Borie Haute)

Réduction du cheptel, diversification des cultures fourragères (notamment avec des méteils et du sorgho), mais aussi diversification des ateliers sur la ferme : les associés du Gaec de la Borie Haute ne manquent pas d'imagination pour rendre leur ferme plus résiliente d'année en année.

Producteurs de lait pour l’AOP Laguiole dans l’Aveyron, Benoit Rozière et sa compagne Caroline ont su au fil des années faire évoluer leur système de production pour l’adapter au changement climatique. Après un premier témoignage paru en 2020, ils ont encore fait évoluer leur exploitation.

Plus de cultures fourragères

Ici, le pâturage domine : les prairies représentent plus de 50 % de l’alimentation du troupeau. Les éleveurs achètent seulement 9 tonnes de tourteau à l’année (6 t pour les vaches laitières et 3 t pour les génisses). Le reste des besoins est couvert par les légumineuses.

Mais les sécheresses inquiètent beaucoup : « Comment faire si la majorité des prairies meurent à la suite d’une sécheresse sévère ? Ce scénario de plus en plus probable n’offre pas encore de solutions à la hauteur des enjeux. » Alors les associés ont décidé de ne plus mettre tous leurs oeufs dans le même panier en faisant évoluer leur assolement (d’après les publication d’Osaé, la plateforme de Solagro dédiée à l’agroécologie) :

– moins de prairies temporaires (40 ha contre 50 ha avant) et sécurisation de leur implantation (apport de 30 kg NP/ha au semis et plusieurs stratégies de semis : à l’automne après un travail du sol ou sous couvert de méteil, ou en avril derrière un couvert d’interculture),

– introduction de sorgho fourrager (8 ha) en remplacement du couvert avoine/sorgho/trèfle,

– remplacement des céréales pures (et notamment de l’orge) par des méteils riches en légumineuses (5 ha).

En parallèle, la gestion du cheptel a été quelque peu revue : 2 vaches en moins dans le troupeau laitier, des vêlages plus précoces chez les génisses et une baisse du taux de renouvellement, ce qui a réduit le nombre d’animaux improductifs et le chargement (aujourd’hui à 1 UGB/ha de SAU).

Diversifier les revenus

Si les résultats économiques de l’exploitation sont satisfaisants et permettent de rémunérer convenablement le travail tout en continuant d’investir, les éleveurs ont œuvré pour en diversifiant leurs activités. Il y a d’abord eu le développement du point de vente à la ferme, puis l’agrotourisme (visites de ferme l’été), la plantation de haies (valorisées en bois plaquette), la plantation de 140 pommiers dans un pré-vergers (avec une première commercialisation de jus de pomme prévue en 2026).

Du côté de la production laitière, celle-ci se porte bien avec un prix moyen sur 2023 de 560 €/1000 l. La coopérative (Jeune montagne) a d’ailleurs accompagné la mise en place du séchoir en grange sur l’exploitation.

Et Benoit Rozière a encore d’autres projets comme la construction d’un hangar photovoltaïque pour agrandir son stockage et produire de l’énergie, augmenter sa production de bois plaquette, et relancer la culture de céréales pour la boulangerie… Rendez-vous dans quelques années donc !