Exports : face aux protectionnismes US et chinois, cap sur l’Asie du sud-est ?
TNC le 02/04/2025 à 15:21
Pour pallier les conséquences des mesures protectionnistes prises par les géants du commerce mondial que sont les États-Unis et la Chine, le collectif Export et souveraineté alimentaire appelle les pouvoirs publics à faciliter l’accès des filières françaises à d’autres marchés, notamment à ceux du sud-est asiatique.
« La perspective de la hausse des droits de douane aux États-Unis et les mesures antidumping de la Chine risquent d’affecter à nouveaux les exportations de nombreuses filières françaises et européennes », écrit le collectif Export et souveraineté dans un communiqué, alors que de nombreuses barrières douanières annoncées par Donald Trump doivent entrer en vigueur ce 2 avril, et que la Chine vient d’annoncer prolonger de trois mois son enquête sur les imports de brandys venus d’UE.
Ces mesures renforcent un contexte géopolitique « instable et multipolaire » qui, entre « fermeture du marché russe et difficultés d’accès au marché algérien », a ces dernières années « contribué à la baisse de la puissance exportatrice de la France ».
Face à la « menace protectionniste » des géants américains et chinois, le collectif exhorte les pouvoirs publics à agir pour « renforcer l’accès des filières à des marchés alternatifs » où la demande est présente et croissante, comme les pays de l’Association des nations de l’Asie du sud-est : Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie et Cambodge.
À l’échelle française, cela passerait notamment par une simplification des procédures, une meilleure coordination des actions des acteurs publics de l’export, des dispositifs d’accompagnement dans les pays cibles plus opérationnels.
Au niveau européen, il s’agirait de « prendre en compte, dans les négociations internationales avec les pays tiers, la dimension stratégique des exportations des secteurs alimentaires et agricoles européens, pour défendre un libre accès de ces exportations aux marchés de ces pays ». Mais aussi de « rétablir les dispositifs d’accompagnement et les budgets dédiés à l’exportation qui ont nettement décliné ces dernières années ».
Le collectif Export et souveraineté est issu du CNPA (Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires), qui regroupe l’Ania, Anivin de France, Chambres d’agriculture France, le CNIPT, la CNMCCA, la FNSEA, Inaporc, Interbev, Intercéréales, Interfel, la Coopération agricole et le Medef.